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:: « Saint Lénard, Si tu as des pouvoirs, Fais le voir… » ::

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En allant à un rendez-vous doula ce matin, je vois sur le bas côté de la route une pancarte indiquant « Le tombeau de Saint Léonard » ainsi que de nombreuses fleurs et babioles colorées. Intriguée et mon planning me le permettant, je me suis arrêtée pour découvrir un endroit insolite et pas connus par les touristes venant découvrir la Bretagne. En effet, au bout d’une allée bordée de grands arbres au milieu d’un petit bois se trouve une tombe en granit recouverte de fleurs réelles et en plastiques, de chapelets, de breloques, vierges contenant de l’eau de Lourdes et de nombreux ex-votos. Le tout joliment agencé par couleurs autour de la tombe mais aussi au pied des arbres bordant l’allée menant à la sépulture. L’ambiance qui y règne est particulière, comme une cour des miracles, suspendu dans le temps et ressemble à un gros bric à brac à ciel ouvert abritant les demandes de miracles les plus divers et variés. Et vu le nombre de dons, Saint Léonard, saint patron de la ville de Fougères quand même, doit être très efficace. Rentrée à la maison je me suis donc renseignée sur cet endroit mystérieux dont je n’avais entendu parler, mais en même temps tellement typique du folklore breton local qui n’en fais qu’à sa tête avec ses saints et ses fantômes.

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La légende raconte donc que le Lénard répandait la terreur dans toute la contrée et on se servait de son nom pour rendre plus docile les enfants peu sages. On dit même que ce loup garou n’avait pas hésité à tuer un paysan aux champs pour lui voler son casse croûte.

Un jour qu’il se promenait dans le bois de la Bau, il prit et mordit une pomme,  et la trouvant si amère et mauvaise, il la jeta loin de lui, malgré qu’il avait soif, puis il en cueillit une autre qu’il plaça entre les branches d’un chêne pour voir si elle deviendrait meilleure en mûrissant. Quelques temps après, repassant auprès du chêne, il se souvint du fruit, le reprit, et le goûta. Le fruit était si savoureux qu’il le mangea tout entier.

En même temps, il pensa que De mauvais, il pouvait devenir bon. « Oh! mon Dieu », dit-il, tout s’amende dans la nature, il n’y a que moi qui ne deviens pas meilleur. Désormais, je ne veux plus faire que du bien. » Il résolut de se corriger lui même et de faire à l’avenir autant de bien qu’il avait fait de mal dans le passé. Un même moment, le briguant touché par la grâce décida donc de venir un « héros positif », le hasard voulut qu’il trouva, non de là, un charriot embourbé, dont le charretier était, le fils du paysan qu’il avait tué.

Lénard proposa ses services non sans susciter une méfiance bien compréhensible vu ses antécédents. Mais pendant qu’il était arc-bouté contre une roue, le jeune paysan, le frappa à la tête, par derrière avec un gros morceau de bois. Juste avant de mourir le larron eut, le temps d’expliquer à son meurtrier sa méprise. Le jeune paysan se rendit compte alors qu’il venait de tuer un « Saint ». Ensuite, il l’enterra sur la lande où il était tombé, et mis sur le fossé une grosse pierre.

20160323_124213Cependant, au bout de quelques temps le bruit se répandit que Lénard était mort en odeur de sainteté, et qu’il faisait des miracles. Ce fût le peuple qui, sans aucune assistance de Rome, se chargea de la canonisation de Saint Lénard, et son tombeau devint ainsi le lieu de pèlerinage où l’on venait implorer la guérison des malades. Toutefois, des gens sont septiques à l’endroit de la béatification de Lénard et l’on raconte qu’un cantonnier passant devant le champ où Lénard avait été inhumé, prononçait ces paroles peu respectueuses:

« Saint Lénard, Si tu as des pouvoirs, Fais le voir, Fais moi tortillard! »

Dès la nuit suivante, il fut pris de douleur rhumatismale et devint boiteux. Il fit alors vœux, s’il obtenait sa guérison, de bâtir un tombeau au Saint dont il avait mis la parole en doute; et son rhumatisme ayant cessé peu après, il accomplit sa promesse. De fait, connu dans le pays, contribua à affirmer la réputation de Saint Lénard, mais il a aussi celle de faire payer l’ironie. Ainsi, un goutteux d’Andouillé revenu de pèlerinage, portant ses béquilles sous le bras, fêta trop généreusement sa guérison, s’étant moqué de Saint Lénard, il fût condamné à reprendre ses béquilles, et retourna bien souvent en vain sur la tombe.

Source

Si vous souhaitez y faire un tour, son tombeau est situé sur la commune d’Andouillé Neuville, en bord de route (sur l’ancienne route du Mont Saint Michel RN 175) et est encore très fréquenté. Alors deux options s’offrent à vous: apporter une offrande à Saint Léonard et faites un vœux quand vous êtes sur son tombeau. Où alors vous êtes plus téméraire et vous faîtes le tour du tombeau en récitant la formule ci-dessus et gare à vous si le Saint se manifeste en vous portant la poisse. Et là aussi se serait avérée. Mais nous sommes en Bretagne après tout, tout est possible 😉

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