Non classé

:: Rien n’est plus comme avant ::

Mon Pépé,
aujourd’hui ça va faire 3 ans que tu es parti. Léo Ferré disait que « avec le temps va, tout s’en va », même le chagrin et les yeux rouges d’avoir trop pleuré. Mais il est des années où cette date anniversaire est plus dure que d’autres. Tu me manques au quotidien. Je pense souvent à toi. J’espère que tu es fière de moi de là où tu es. J’espère que tu as pu accueillir ma petite chienne d’amour partie trop tôt, entrée dans nos vie le lendemain de ton départ. J’espère qu’avec mémère Pénélope vous vous en occupez bien. J’espère qu’ils t’ont fourni un piano là-haut et j’espère que tu ne désespère pas trop de notre monde ici bas. 
Cette année a un autre arrière-goût amer: celui du « je ne pourrais jamais te présenter l’homme que j’aime et avec qui je partage désormais ma vie. Oh qu’est-ce qu’il t’aurais plu, mon Viking! », celui du « tu ne connaîtras pas ce bébé à naître et qui portera en troisième prénom ton prénom si c’est un garçon », celui du « tu ne pourras pas venir me voir dans ma maison perdue en Bretagne où je me suis enfin construit une vie qui me correspond, qui me plaît », celui du « on va peut-être réussir à retisser quelque chose de durable avec ta Pépette à Pépé que tu n’as même pas pu voir avant de partir » , celui du « je ne pourrais plus manger des chocolats en cachette avec toi sur le bord de ton lit à refaire le monde ». 
3 ans après le chagrin est toujours aussi fort, les larmes coulent toujours aussi abondamment. Tu me manques fort, très fort chaque jours qui passe. Je n’aime pas voir ce qu’est devenue ta Zezette sans toi: une vieille femme seule, très seule et qui en devient parfois aigrie pour moi c’est dur, très dur d’aller la voir, de m’occuper d’elle car aller la voir elle seule dans sa nouvelle vie, c’est me rappeler que tu n’es plus là. Même si les larmes quotidiennes se sont enfin taries. Même si pour la première fois l’année dernière je ne suis pas allée sur ta tombe.
Je n’aime pas voir que mes enfants ne se souviennent plus aussi bien de toi, que ton souvenir s’efface doucement de leur mémoire d’enfant, alors que pour moi tout est encore si vif, si douloureux. Même si chaque jour je m’éfforce de vivre avec. Tu me manques.
Ta Cafouillette qui t’aime

Avec le temps va tout s’en va

Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *