Non classé

:: Sous la Tente Rouge ::

Cela fait un moment que je souhaitais vous parler de la tradition des Ebawels, ou alors plus connues dans le milieu des Doulas, des « Tentes Rouges ». A la base, un ebawel (j’aime la sonorité de ce mot) est un mot tamatchek (langue touareg) désignant un concept fondateur des cultures du désert. L’ebawel existe par opposition à l’essuf. L’essuf désigne la notion de désert, d’insécurité, d’inconnu, de danger. Alors, l’ebawel représente l’intérieur, le connu, la sécurité, la mère, la maison, la tête, la lignée, le creux où se niche l’animal, la cavité où brûle le feu, l’utérus, la femme. Avant les sécheresses et famines qui ont causé la ruine des populations touarègues, lorsqu’une jeune femme se mariait sa mère lui donnait son ebawel, c’est à dire une partie de sa propre tente pour que sa fille ne manque jamais de rien, qu’elle puisse être indépendante. Les biens d’ebawel, transmis de mère en fille, étaient sacrés : les hommes n’avaient aucun droit sur eux, mis à part de les faire fructifier si possible et ils étaient intouchables lors des razzias.
 
Oui, mais pourquoi tente rouge ?
 
La tente rouge est une référence à différentes traditions anciennes de regroupements des femmes en un lieu qui leur est dédié comme l’ebawel, pour célébrer les grands événements de la vie sexuelle d’une femme, puberté, grossesse, naissances, ménopause etc.
Aujourd’hui, Les « Red Tents », littéralement les « Tentes Rouges » en France sont un lieu de discussion privilégié aux femmes où elles peuvent se livrer en toute sécurité, toute confiance et sans jugement, sûre qu’elles seront écoutées et raconter leurs histoires de naissance dans une ambiance plutôt intimiste.
 
Voici une vidéo réalisée suite aux Tentes Rouges qui ont eu lieu lors des 6èmes Journées des Doulas à Paris fin mai 2008

Alors comment ca se passe ?
 
Une vraie tente rouge est dressée dans un lieu qui s’y prête of course, et habillé de manière cosy, feutrée afin de nous rappeler l’utérus de nos mères. Une « facilitatrice » (décidément, ce mot là je ne l’aime vraiment pas) vous y reçoit autour de douceurs et boissons chaudes pour nous permettre de nous sentir à l’aise et en confiance. La facilitatrice nous invite (ou pas) à tirer une lame du jeu « Féminitude » (par exemple, mais chaque facilitatrice a ses trucs et jeux) pour lancer les confidences.
 
Libre à chaque femme de parler ou pas, de se partager, se confier ou se taire, chacune étant responsable de ses paroles, mais aussi des paroles des autres, celles-ci lui étant confiées comme un trésor précieux. Chaque parole prononcée restera à l’intérieur de la tente rouge, il est interdit de rapporter à toute tierce personne ce qui a été dit dans la tente rouge sans l’accord de la personne qui s’est confiée. Ceci est scellé symboliquement par un ruban que les participantes à la tente rouge se nouent autour du poignet.
Je suis assez ennuyée, car cet exposé fait très scolaire, alors qu’une tente rouge, c’est entrer dans une autre dimension, un autre espace-temps régie par nos entrailles de femmes, qu’elles qu’on soit : vierge, mère, ancienne, chrétienne, musulmane, juive, athée, bouddhiste, grande, petite, grosse, mince, … bref, ce n’est ni sectaire, ni idéologique, ni politique, ni dangereux, c’est juste un espace de paroles pour les femmes, pour qu’elles ai le droit d’être femme jusqu’au bout des ovaires.
 
 
Pour aller plus loin:
 
Le roman d’Anita Diamant, La tente rouge, raconte l’histoire de
Dina fille de Jacob:
1500 av J-C, dans le désert, Dina fille de Jacob, vit dans l’ombre d’une tente, la tente rouge. Où les femmes se transmettent les rites, les secrets, ou l’homme est interdit d’accès. Dina est l’unique fille de Jacob et de ses quatre mères (qui sont toutes mariées au même homme). Elle grandira sous cette tente, à l’abri des villes, et des hommes (hormis ses frères et son père) Et découvrira le grand amour par hasard, ….
Il existe également une liste de discussion yahoo que vous pouvez rejoindre si vous êtes intéressés pour créer votre tente rouge : clic, clic ici! et une page FaceBook que je vous invite à rejoindre en cliquant ici!
à Virginie et Dali, mes facilitatrices, et à toutes les femmes qui se sont retrouvées ensemble sous la tente
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *